Le licenciement d’un élu au CSE (Comité social et économique) est strictement encadré. L’élu bénéficie d’une protection particulière : l’employeur doit obtenir l’autorisation de l’inspecteur du travail. Avant cette demande, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE doit être consulté et se prononcer par un vote. Voici la procédure complète et le déroulement précis du vote.
Pourquoi une procédure spéciale ?
Les élus du CSE sont des salariés protégés. Cette protection vise à éviter les licenciements discriminatoires liés à l’exercice du mandat. Elle s’applique pendant la durée du mandat et, dans certains cas, après son expiration.
La procédure est dite « double » :
- Consultation du CSE (avis)
- Autorisation administrative de l’inspecteur du travail
Les étapes de la procédure
1. L’entretien préalable
L’employeur convoque le salarié protégé à un entretien préalable de licenciement, dans les conditions habituelles (lettre recommandée ou remise en main propre, délai de 5 jours ouvrables minimum).
Lors de cet entretien, le salarié peut se faire assister.
2. La consultation du CSE
Après l’entretien préalable, l’employeur doit consulter le CSE sur le projet de licenciement.
Qui est concerné ? La consultation est obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés lorsque le licenciement vise un membre titulaire ou suppléant du CSE, un représentant syndical au CSE ou certains anciens élus.
Comment se déroule la réunion ?
- L’employeur convoque les membres titulaires du CSE (réunion ordinaire ou extraordinaire).
- La convocation doit laisser un délai suffisant au salarié pour préparer son audition.
- Le salarié dont le licenciement est envisagé doit être entendu par le CSE avant le vote. Cette audition est une formalité substantielle.
- Les membres reçoivent les éléments d’information nécessaires pour se prononcer.
3. Le vote du CSE : modalités précises
Le vote est le moment clé de la consultation.
- Mode de scrutin : vote à bulletin secret (obligatoire).
- Qui vote ? : les membres titulaires présents. L’employeur (ou son représentant) ne participe pas au vote.
- Majorité : l’avis est adopté à la majorité des membres présents.
- En cas de partage des voix : l’avis est réputé défavorable.
L’avis du CSE (favorable, défavorable ou avec réserves) est consigné dans un procès-verbal. Il est ensuite transmis à l’inspecteur du travail.
Le vote électronique permet de garantir le caractère secret du scrutin, d’assurer une traçabilité complète et de réduire les risques d’erreur ou de contestation lors de cette étape sensible.
4. La demande d’autorisation à l’inspecteur du travail
Quel que soit l’avis du CSE, l’employeur doit demander l’autorisation de licencier à l’inspecteur du travail compétent.
La demande doit être adressée dans un délai de 15 jours suivant la délibération du CSE (par lettre recommandée avec accusé de réception ou via le téléservice dédié).
L’inspecteur du travail examine :
- la régularité de la procédure,
- la réalité et le sérieux du motif de licenciement,
- l’absence de discrimination liée au mandat.
Il dispose d’un délai de deux mois pour se prononcer (silence vaut rejet).
Points de vigilance
- L’absence d’audition du salarié par le CSE ou l’absence de vote à bulletin secret entraîne la nullité de la procédure.
- L’avis du CSE n’est pas contraignant : l’inspecteur du travail n’est pas lié par cet avis.
- Dans les entreprises de 11 à 49 salariés, la consultation du CSE n’est en principe pas obligatoire (sauf disposition conventionnelle contraire).
- En cas de mise à pied conservatoire, des délais spécifiques s’appliquent.







